En raison de la taille de leurs économies, les taxes douanières imposées par les États-Unis et la Chine auront inévitablement des répercussions importantes sur le commerce international
Trains de marchandises

Au moment où les guerres commerciales font les gros titres, quels pays sont perdants et lesquels s’avèrent gagnants ? Et que signifient les différends actuels pour les pays en développement ? Une nouvelle étude de la CNUCED examine les répercussions des hausses tarifaires en vigueur aux États-Unis et en Chine, ainsi que les effets de leur augmentation annoncée pour le 1er mars.
"En raison de la taille de leurs économies, les taxes douanières imposées par les États-Unis et la Chine auront inévitablement des répercussions importantes sur le commerce international", a déclaré Pamela Coke-Hamilton, qui dirige la division du commerce international de la CNUCED, en lançant le rapport Key Statistics and Trends in Trade Policy 2018 (Principales statistiques et tendances en matière de politique commerciale en 2018).
L'étude souligne que les tarifs bilatéraux ne contribueraient guère à aider les entreprises nationales sur leurs marchés respectifs.
"Notre analyse montre que si les tarifs bilatéraux ne sont pas très efficaces pour protéger les entreprises nationales, ils restent des instruments très efficaces pour limiter le commerce avec le pays visé ", a expliqué Mme Coke-Hamilton. "L’impact des tarifs douaniers entre les États-Unis et la Chine serait principalement disruptif. Le commerce bilatéral entre les États-Unis et la Chine diminuera et sera remplacé par des échanges en provenance d'autres pays".


Les analystes de la CNUCED estiment que sur les 250 milliards de dollars d'exportations chinoises assujetties aux droits de douane américains, environ 82 % seront captés par des entreprises d'autres pays, environ 12 % seront conservés par des entreprises chinoises et seulement 6 % environ seront captés par des entreprises américaines.
De même, sur les quelque 110 milliards de dollars d'exportations américaines assujetties aux droits de douane de la Chine, environ 85 % seront captés par des entreprises d'autres pays, les entreprises américaines en conserveront moins de 10 %, tandis que les entreprises chinoises n'en récupèreront qu’environ 5 %. Les résultats sont similaires sur les différents secteurs, des machines-outils aux produits du bois, en passant par le secteur de l’ameublement, le matériel de communication, les produits chimiques et les instruments de précision.
La raison en est simple : les tarifs bilatéraux accroissent la compétitivité au niveau global pour les entreprises opérant dans des pays qui ne sont pas directement touchés par ces tarifs. Cela se reflétera dans la structure des importations et des exportations dans le monde entier.
Les pays qui devraient bénéficier le plus des tensions entre les États-Unis et la Chine sont ceux qui sont les plus compétitifs et qui ont la capacité économique de supplanter les entreprises américaines et chinoises. L'étude indique que les exportations de l'Union européenne sont celles susceptibles d'augmenter le plus, avec environ 70 milliards de dollars d'échanges bilatéraux entre les États-Unis et la Chine (50 milliards de dollars d'exportations chinoises vers les États-Unis et 20 milliards de dollars d'exportations américaines en Chine). Le Japon, le Mexique et le Canada devraient bénéficier de plus de 20 milliards de dollars chacun d’exportations supplémentaires.
Bien que ces chiffres ne représentent pas une part importante du commerce mondial - qui s’élevait à environ 17 000 milliards de dollars en 2017 - pour de nombreux pays, ils représentent une part substantielle de leurs exportations. Par exemple, les quelque 27 milliards de dollars d'échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine qui seraient captés par le Mexique représentent une part non négligeable des exportations totales du Mexique, soit environ 6 %. Des effets substantiels sur le niveau de leurs exportations sont également attendus pour l'Australie, le Brésil, l'Inde, les Philippines, le Pakistan et le Viet Nam, comme indiqué ci-dessous

Trains de marchandises
Cependant, l'étude souligne également que même pour les pays dont les exportations sont appelées à augmenter dans ce cadre de bataille commerciale, les résultats ne seront pas tous positifs.
Le marché du soja en est un bon exemple. Les droits de douane chinois sur le soja américain ont eu des effets de distorsion des échanges commerciaux à l'avantage de plusieurs pays exportateurs, en particulier le Brésil, qui est soudain devenu le principal fournisseur en soja de la Chine. Mais comme le niveau et la durée d’application des droits de douane ne sont pas clairs, les producteurs brésiliens hésitent à prendre des décisions d'investissement qui pourraient s'avérer non rentables si les droits de douane étaient suspendus. En outre, dans les secteurs où le soja est un intrant - comme dans la production d’aliments pour le bétail - les entreprises brésiliennes sont vouées à perdre de leur compétitivité en raison des hausses de prix nourries par la demande chinoise en soja brésilien.
 
L'étude souligne également que si certains pays connaîtront une forte hausse de leurs exportations, les effets négatifs à l'échelle mondiale sont susceptibles de dominer. Une préoccupation commune renvoie à l'impact inévitable que les différends commerciaux auront sur l'économie mondiale encore fragile. Un ralentissement économique s'accompagne souvent de perturbations des prix sur les marchés des produits de base, sur les marchés financiers et monétaires. Elles auront toutes d'importantes répercussions sur les pays en développement. L'une des principales préoccupations demeure le risque que les tensions commerciales ne dégénèrent en guerres sur le marché des devises, rendant plus difficile le service de la dette libellée en dollars.
Une autre préoccupation réside dans le fait que davantage de pays pourraient se joindre à la mêlée multipliant les politiques protectionnistes à l'échelle mondiale. Ces politiques nuisant généralement davantage aux pays les plus faibles, un système commercial multilatéral qui fonctionne bien, capable de désamorcer les tentations protectionnistes et de maintenir l'accès au marché pour les pays les plus pauvres, est d'une importance fondamentale.
Enfin, dans une économie mondiale interconnectée, l'effet domino créé par les géants du commerce est susceptible d'aller au-delà des pays et des secteurs ciblés. Les hausses tarifaires pénalisent non seulement l'assembleur d'un produit, mais aussi les fournisseurs tout au long de la chaîne de production. Par exemple, le volume élevé des exportations chinoises frappées par les droits de douane américains est susceptible de toucher le plus durement les chaînes de valeur de l'Asie de l'Est, la CNUCED estimant qu'elles pourraient ainsi chuter d'environ 160 milliards de dollars.
Les tensions commerciales actuelles ont atteint leur paroxysme au début de 2018 lorsque la Chine et les États-Unis se sont imposés des droits de douane sur environ 50 milliards de dollars de leurs marchandises respectives. La confrontation s'est rapidement intensifiée :  en septembre 2018, les États-Unis ont imposé des droits de douane de 10 % sur environ 200 milliards de dollars d'importations chinoises. La Chine a ensuite riposté en imposant des droits de douane supplémentaires sur des importations en provenance des États-Unis d'une valeur de 60 milliards de dollars. Les droits de 10 % devaient initialement passer à 25 % en janvier 2019. Début décembre 2018, les parties ont toutefois convenu de geler l'augmentation de leurs tarifs douaniers jusqu'au 1er mars 2019.

Une nouvelle agence devrait impliquer le secteur privé dans de nouveaux projets de développement
Une nouvelle agence devrait impliquer le secteur privé dans de nouveaux projets de développement

En 2019, les États-Unis mettront en œuvre un nouveau moyen d’attirer davantage d’investissements américains provenant du secteur privé dans les pays en développement.

Le gouvernement Trump appelle cette méthode « une nouvelle ère dans le financement du développement par les États-Unis ».

À l’origine de cette action : un nouvel organisme qui s’appelle l’U.S. International Development Finance Corporation (DFC). Il aura accès à 60 milliards de dollars en capital financier pour aider les entreprises américaines à investir sur les marchés émergents du monde entier sans faire tomber les pays dans le piège de l’endettement à long terme.

Ce montant représente près du double de la capacité de prêt de l’organisme qu’il remplacera. Les prêts sont accordés à des investisseurs privés et non pas à des gouvernements.

Ray Washburne, qui participe à la création du DFC, le qualifie d’« alternative solide aux (…) investissements gérés par les gouvernements, lesquels peuvent faire empirer la situation dans les pays en développement ».

 

« Avec davantage d’outils, plus de flexibilité et plus de marge de manœuvre, les États-Unis pourront avoir encore plus d’impact », se réjouit Ray Washburne, directeur d’Overseas Private Investment Corporation (OPIC), qui va fusionner avec le nouvel organisme.

L’une des grandes différences est que le nouvel organisme aura la capacité de faire des placements limités en actions, chose que l’OPIC ne pouvait pas faire. Cela signifie que les sociétés voulant entrer sur les marchés des pays en développement peuvent obtenir des capitaux de démarrage en vendant des parts de leur nouvelle entreprise au DFC. Ces entreprises injectent ces capitaux dans les pays en développement sous la forme d’emplois, de nouvelles entreprises et de projets d’infrastructure dans les pays en question.

L’intérêt de cette nouvelle possibilité, c’est qu’elle incite le secteur privé à investir dans les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire.

 

Ce nouvel élément fait partie du BUILD Act* que le Congrès a voté avec le soutien des deux partis et que le président Trump a signé en octobre dernier.

Le BUILD Act stipule clairement que le DFC donnera la priorité aux projets dans les secteurs qui favorisent le développement, comme la santé, les transports, le logement et les technologies de l’information et des communications. Les entreprises appartenant à des femmes bénéficient également d’un statut spécial.

À l’instar d’autres projets d’aide américains, ils créeront des emplois et favoriseront la croissance économique sans obliger les pays en développement à s’endetter.

Les entreprises qui concluent des accords avec le DFC sont tenues de se conformer aux mêmes normes strictes en matière de respect de l’environnement, des droits sociaux et des droits des travailleurs que les entreprises installées aux États-Unis.

La Chine a pour projet de construire en 2019 pas moins de 3200 km supplémentaires de lignes ferroviaires à grande vitesse, qui atteindront une longueur totale dépassant les 30.000 km, a annoncé mercredi la China Railway Corporation (CRC). Ces 3200 km supplémentaires de lignes ferroviaires à grande vitesse font partie du plan de développement de 6.800 km de nouveaux chemins de fer pour la nouvelle année, alors que le pays maintiendra à grande échelle les investissements en capital fixe dans le transport ferroviaire, a déclaré Lu Dongfu, directeur général de la CRC, lors d'une conférence de travail.

Le réseau des trains à grande vitesse de la Chine s'est développé au cours des années, atteignant une longueur totale de 29.000 km fin 2018, et représentant plus des deux tiers du total des chemins de fer à grande vitesse du monde entier. La Chine envisage de construire 30.000 km de lignes ferroviaires à grande vitesse d'ici 2020. Les chemins de fer chinois devraient transporter 3,54 milliards de passagers et 3,37 milliards de tonnes de marchandises cette année, a déclaré le directeur général.

La Chine verra la mise en service de 850 trains à grande vitesse Fuxing d'ici la fin de l'année, tandis que la recherche et le développement des trains à grande vitesse Fuxing à 350 km/h, 250 km/h, 200 km/h et 160 km/h seront renforcés, selon la CRC.                                                                                                                                    Le pays continuera d'étendre la couverture des trains à grande vitesse en 2019. En dépit du développement du réseau ferroviaire à grande vitesse en Chine, la longueur et la couverture des chemins de fer dans les régions centrales et occidentales sont encore insuffisantes.

La Chine continuera à promouvoir l'application des billets numériques et à explorer des mécanismes de tarification plus flexibles pour les trains à grande vitesse, a-t-il déclaré.                                                       L'investissement en capital fixe dans les chemins de fer s'est élevé à 802,8 milliards de yuans (environ 117 milliards de dollars), avec plus de 4.600 km de nouveaux chemins de fer en 2018.                                                     Les recettes totales du transport ferroviaire ont enregistré un record de croissance de 10,9% en glissement annuel par rapport à l'année dernière, atteignant 772 milliards de yuans.

Business, entreprise
Business, entreprise

« Le secteur privé joue un rôle essentiel dans l’instauration d’une croissance économique durable et la lutte contre la pauvreté à travers le monde », a déclaré Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque Mondiale. Selon lui, « des règles équitables, efficaces et transparentes, comme celles que préconise le rapport Doing Business, constituent le socle d’un environnement dynamique pour l’économie et l’entrepreneuriat. Il est indispensable que les pays intensifient leurs efforts afin de créer les conditions permettant à l’entreprise privée et aux populations de prospérer. »

 

Le Rapport Doing Business 2019 constate que les réformes ont été mises en oeuvre dans les pays où elles étaient les plus nécessaires ; les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure ayant entrepris 172 réformes. En Afrique subsaharienne, un nombre record de 40 économies ont mené 107 réformes, la meilleure performance en termes de nombre de réformes réalisée par la région pour la troisième année consécutive. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont atteint un nouveau record avec 43 réformes.

C’est encore le domaine de la création d’entreprises qui a connu le plus d’améliorations, avec 50 réformes cette année. Importante réformes ont également concerné l’exécution des contrats (49 réformes) et le raccordement à l’électricité (26 réformes).

Les dix économies qui arrivent en tête du classement annuel du Groupe de la Banque mondiale sur la facilité de faire des affaires sont la Nouvelle-Zélande, Singapour et le Danemark, qui conservent leur premier, deuxième et troisième rang pour la deuxième année consécutive, suivis de la RAS de Hong Kong en Chine, de la République de Corée, de la Géorgie, de la Norvège, des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’ex-République yougoslave de Macédoine.

 

Concernant les changements notables intervenus dans les 20 économies en tête du classement cette année, les Émirats arabes unis (EAU) rejoignent le classement pour la première fois, au 11e rang, tandis que la Malaisie et Maurice gagnent des places, arrivant respectivement 15e et 20e. Au cours de l’année passée, la Malaisie a mis en oeuvre six réformes, Maurice cinq et les EAU quatre. Maurice a notamment éliminé un obstacle qui pénalisait les femmes dans la création d’entreprises.

Les dix économies où les améliorations sont les plus sensibles sont l’Afghanistan, Djibouti, la Chine, l’Azerbaïdjan, l’Inde, le Togo, le Kenya, la Côte d’Ivoire, la Turquie et le Rwanda. Avec six réformes à leur actif chacun, Djibouti et l’Inde sont dans le top 10 pour la deuxième année consécutive. L’Afghanistan et la Turquie, qui figurent pour la première fois parmi les pays les plus réformateurs, ont introduit un nombre record de réformes en un an seulement (respectivement cinq et sept réformes).

« La diversité des pays se classant parmi les plus réformateurs montre que des économies de toutes tailles et de tous niveaux de revenus, et même des économies en situation de conflit, peuvent améliorer le climat des affaires pour les petites et moyennes entreprises du pays. Le rapport Doing Business fournit aux gouvernements du monde entier une feuille de route permettant de renforcer la confiance, l’innovation et la croissance des entreprises, mais aussi d’endiguer

la corruption », estime Shanta Devarajan, économiste en chef par intérim et directeur principal pour l’économie du développement à la Banque mondiale.

 

Cette année, Doing Business a collecté des données sur la formation dispensée aux agents de la fonction publique et aux utilisateurs des registres du commerce et des registres fonciers. Le rapport comprend une étude de cas qui analyse ces données et constate que les formations obligatoires et annuelles dispensées aux fonctionnaires concernés améliorent l’efficacité de ces registres. Une deuxième étude fait observer que lorsque les agents de dédouanement et les commissionnaires en douane suivent une formation régulière, les contrôles aux frontières et les formalités douanières s’en trouvent accélérés, ce qui facilite la circulation transfrontalière des marchandises. Deux autres études de cas s’intéressent aux avantages que procurent la certification des électriciens et la formation des juges.

« Les résultats obtenus cette année montrent clairement l’engagement dont font preuve les pouvoirs publics dans de nombreuses économies, petites ou grandes, pour aider l’entrepreneuriat et l’entreprise privée. Si les programmes de réformes s’accompagnent de formations pour les fonctionnaires, l’impact de ces réformes n’en sera qu’amplifié », affirme Rita Ramalho, responsable principale du Groupe des indicateurs mondiaux de la Banque mondiale, qui prépare ce rapport.

Depuis le lancement du premier volume en 2003, plus de 3 500 réformes de l’environnement des affaires ont été engagées dans 186 des 190 économies prises en compte dans le rapport.

 

La région Asie de l’Est et Pacifique compte deux des dix économies couvertes par Doing Business les mieux classées, à savoir Singapour et la RAS de Hong Kong (Chine). Par ailleurs, la Chine fait partie des dix économies dont la progression a été la plus importante, ayant gagné plus de 30 places pour se classer au 46e rang mondial. Les économies de la région ont introduit 43 réformes au total l’an passé, en particulier dans les domaines de la création d’entreprises et du raccordement à l’électricité.

La région Europe et Asie Centrale compte elle aussi deux des dix économies les mieux classées cette année : la Géorgie, qui se hisse au 6e rang (9e l’an dernier), et l’ex-République yougoslave de Macédoine, qui gagne une place pour ressortir 10e. Cette région compte également deux des économies ayant le plus amélioré leurs performances : l’Azerbaïdjan et la Turquie. Le rythme des réformes s’est accéléré dans la région : 54 réformes ont été mises en oeuvre l’an dernier, contre 43 (chiffre révisé) l’année précédente. Si les réformes couvrent tous les domaines, nombre d’entre elles cherchent à faciliter l’obtention d’un permis de construire et le commerce transfrontalier.

C’est au total 25 réformes qui ont été mises en oeuvre en Amérique latine et aux Caraïbes l’an dernier, dont 4 pour le Brésil, le pays le plus réformateur de la région. L’essentiel des réformes visent à renforcer les droits des emprunteurs et des prêteurs dans les opérations garanties, ainsi que le processus de création d’entreprises.

 

Les économies du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont nettement accéléré le rythme des réformes l’an dernier, introduisant 43 réformes, contre 29 l’année précédente. Cette année, une économie de la région figure dans le top 20 mondial — à savoir les Émirats arabes unis, qui ont fait leur entrée dans le classement au 11e rang —, tandis que Djibouti fait partie des économies ayant le plus amélioré leurs performances. La région reste toutefois à la traîne sur le plan de l’égalité de traitement des hommes et des femmes, des obstacles à l’entrepreneuriat des femmes existant dans 14 économies.

Pour la première fois, deux économies d’Asie du Sud se sont hissées dans le haut du classement des pays ayant le plus amélioré leurs performances. L’Inde a poursuivi son programme de réformes, engageant six réformes l’an dernier et progressant de 23 places pour atteindre le 77e rang mondial. Ce pays occupe désormais la première place de la région. L’Afghanistan, qui a mis en oeuvre cinq réformes, a progressé de 16 places pour arriver 167e au classement mondial. Au total, les économies de la région ont mis en oeuvre 19 réformes l’an dernier, essentiellement dans le domaine de la création d’entreprises, de l’obtention de prêts, du règlement des impôts et taxes, ainsi que du règlement de l’insolvabilité.

 

L’Afrique Subsaharienne a enregistré un nouveau record pour la troisième année consécutive, engageant 107 réformes l’an dernier, contre 83 l’année précédente. En outre, cette année a été marquée par le plus grand nombre d’économies ayant mené des réformes, 40 des 48 économies de la région ayant mis en place au moins une réforme, à comparer au record précédent qui était de 37 économies il y a deux ans. La région compte quatre des 10 économies les plus réformatrices de cette année : le Togo, le Kenya, la Côte d’Ivoire et le Rwanda. Si les réformes introduites par les pays de cette région couvrent un grand nombre de domaines, beaucoup concernent le transfert de propriété et le règlement de l’insolvabilité.

Centrale de production d'électricité
Centrale de production d'électricité

Alors que plus du tiers des pays candidats à l’énergie nucléaire sont africains, l’Agence internationale de l’énergie nucléaire renseigne sur les conditions d’exploitation optimale de cette ressource sur le continent.

« Aller vers le nucléaire est quelque chose qui ne se fait pas du jour au lendemain. Entre le moment où le pays initie son programme nucléaire et celui où la première turbine devient opérationnelle, des années peuvent s’écouler», a introduit Milko Kovachev, le chef de la section du développement des infrastructures à l’agence dans un article paru dans l’Africa Renewal. Ce type de projet, explique l’expert, a une durée de mise en œuvre de 10 à 15 ans.

En outre, explique-t-il, un programme d’énergie nucléaire réussi, demande un engagement politique, populaire et une implication de la nation sur au moins 100 ans, c’est-à-dire l’ensemble du cycle de vie de la centrale de sa construction à son démantèlement.

Il faut également prendre en compte le paramètre du besoin considérable de financement, incluant aussi bien la construction de la centrale que la gestion de ses déchets et le coût de son développement. « Les investissements à faire par les gouvernements pour le développement des infrastructures nécessaires est modeste, comparé à celui de la première centrale nucléaire. Nous parlons quand même de plusieurs centaines de millions de dollars américains.», a souligné M. Kovachev. Il reconnait d’ailleurs que la plupart des pays africains éprouveront des difficultés à investir dans de tels projets, mais que d’autres options telles que le recours à une organisation privée produisant l’énergie et la revendant au pays sont envisageables.

 

Un autre aspect à prendre en compte sera la capacité de transmission des réseaux électriques nationaux. Il est en effet, recommandé que les pays candidats au nucléaire aient une capacité de transmission égale à dix fois la puissance de la centrale nucléaire. Les pays qui comme le Kenya ambitionnent de construire une centrale de 1 000 MW devront avoir un réseau électrique capable de transporter 10 000 MW par exemple.

A moins de vouloir investir dans des petits réacteurs nucléaires ; une option dont les premiers spécimens entreront en service entre 2018 et 2020, mais qui ne reçoit pas un accueil chaleureux dans les pays africains. Ceux-ci, novices dans le secteur, préfèrent investir sur les technologies ayant déjà fait leur preuve ou alors mettre en place des réseaux régionaux de grandes capacités qui pourront être utilisés par plusieurs pays. Cette option dépendra de la capacité des pays à établir un dialogue régional afin de pouvoir mettre en œuvre ce projet commun.

Un autre argument rendant difficile le recours au nucléaire dans les pays africains, selon M. Kovachev, est le rejet par les populations de cette option qu’elles considèrent comme dangereuse, à cause notamment, de l’accident survenu à Fukushima.

Si l’AIEA fournit aux pays son appui technique et technologique pour le recours au nucléaire, cette partition devra par contre se jouer au niveau de chaque pays, a affirmé le responsable.

Gwladys Johnson Akinocho

https://www.agenceecofin.com/nucleaire/0309-59629-afrique-et-nucleaire-la-route-est-encore-longue-et-parsemee-d-obstacles-selon-l-aiea

EXX Africa (https://www.EXXAfrica.com) a publié un rapport spécial sur le commerce secret d’armes par la Chine dans la Corne de l’Afrique.  Selon ce rapport, au-delà de l’objectif commercial d’accroître les ventes d’armes et de matériel militaire de fabrication chinoise, la Chine cherche également à contrôler une part croissante du commerce d’armes en Afrique, afin de protéger ses importants investissements dans les infrastructures sur le Continent. Dans le cadre de la Nouvelle route de la soie, la Chine a, en effet, effectué des investissements massifs en Afrique de l’Est, notamment dans des lignes ferroviaires, des barrages hydroélectriques et de nouveaux projets portuaires dans des pays comme le Kenya, le Soudan et l’Éthiopie.

La base logistique militaire chinoise à Djibouti joue un rôle central dans cette stratégie. La Chine s’apprête en envoyer de grandes quantités d’armes et de matériel militaire vers les pays africains, en particulier vers le Soudan et le Sud-Soudan.
D’une grande importance stratégique et situé sur une route maritime majeure, le port de Djibouti est également en train de devenir une zone de transit clef du commerce d’armes dans la région.
"A la suite d’une nouvelle enquête étayée par un ensemble de renseignements provenant de sources sûres du secteur de la sécurité dans la Corne de l’Afrique, nous avons recueilli des preuves que des armes chinoises arrivent via la base de soutien de l’Armée de libération populaire chinoise à Djibouti et via le port commercial de Djibouti, avant d’être acheminées vers des zones de conflits en Afrique faisant l’objet d’un embargo sur l'armement", affirme le rapport.

 

A propos d’EXX Africa

EXXAfrica est une société spécialisée dans les services de renseignements, qui fournit pour les entreprises des prévisions facilitant la prise de décisions commercialement pertinentes sur les risques politiques et économiques en Afrique . C'est ainsi qu'elle aide sa clientèle très variée à atténuer l'exposition au risque, compte-tenu des développements économiques et politiques en constante évolution en Afrique.

Programme informatique
Programme informatique

(Agence Ecofin) - La Worldwide Broadband Speed League a publié son rapport 2018 sur la vitesse de téléchargement par pays dans monde, question de présenter les marchés où il fait bon de surfer sur Internet. En Afrique, c’est Madagascar qui décroche la première place avec sa vitesse de téléchargement de 24,87Mbps. Le pays est 26ème mondial, devant la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, ou encore la Russie.

Selon l’étude  qui compare la vitesse de l’internet haut débit dans 200 pays grâce à plus de 163 millions de tests pratiqués sur 12 mois, les internautes malgaches peuvent télécharger un film HD d’un volume de 5Go en 27 minutes et 27 secondes avec la vitesse de téléchargement offerte dans le pays.

Cette belle performance du pays, il semble qu’elle découle de l’amélioration de ses capacités data par l’opérateur Telecom Malagasy (Telma). En 2017, Madagascar  qui est connecté à trois systèmes sous-marins de fibre optique –au câble LION par Orange en 2009, au câble EASSy par  Telecom Malagasy en 2010 et au LION2 par Orange en 2012 – n’offrait qu’une vitesse de téléchargement de 3,49Mbps. Mais une année après le démarrage par Telma du  déploiement d’un backbone de fibre optique à travers le pays,  pour renforcer davantage la connectivité à haut débit,  le pays qui occupait la  84ème place mondial dans le classement mondial 2017 de la Worldwide Broadband Speed League a gagné 67 places…

La qualité de l’Internet de Madagascar, elle devrait encore grimper d’ici les prochaines années avec les nouvelles connexions par fibre optiques sous-marines en projet pour le pays. Il y a le FLY-LION3 que porte Orange, le MElting poT Indianoceanic  Submarine System (METISS) développé par un consortium d’opérateurs, et le IOX Cable.

Classement de 46 pays africains en fonction de la vitesse de téléchargement
Classement entre juin 2017 et mai 2018 Progression sur 1 an
Rang Afrique Rang mondial Pays Moyenne de vitesse de téléchargement (Mbps) Progression Afrique Progression monde
1 22 Madagascar 24.87 5 67
2 64 Kenya 10.11 -1 -13
3 76 South Africa 6.38 1 4
4 105 Morocco 4.03 -1 -26
5 112 Tunisia 3.67 0 -24
6 120 Ghana 2.88 4 -10
7 121 Zimbabwe 2.86 1 -16
8 130 Rwanda 2.64 5 -13
9 131 Namibia 2.62 5 -5
10 134 Burundi 2.56    
11 139 Mauritius 2.39 5 -2
12 140 Uganda 2.39 0 -24
13 146 Zambia 2.03 -4 -40
14 149 Tanzania 1.96 3 -10
15 152 Nigeria 1.86 -8 -57
16 153 Mozambique 1.76 2 -13
17 156 Seychelles 1.72 -15 -84
18 157 Ivory Coast 1.70 4 -2
19 158 Liberia 1.61 -8 -43
20 159 Sierra Leone 1.61    
21 162 Sudan 1.56 5 0
22 164 Botswana 1.50 5 0
23 165 Angola 1.49 5 0
24 166 Gambia 1.45    
25 167 Libya 1.42 6 7
26 169 Senegal 1.40 -2 -11
27 170 Egypt 1.33 -4 -14
28 172 Cameroon 1.29 1 -5
29 173 Togo 1.27 -8 -20
30 174 Swaziland 1.26    
31 175 Algeria 1.25 -6 -14
32 177 Benin 1.23 2 3
33 179 Malawi 1.17 -3 -9
34 181 Gabon 1.13 5 7
35 182 São Tomé and Príncipe 1.13    
36 183 Ethiopia 1.13 -17 -36
37 185 Mayotte 0.97    
38 187 Mali 0.95 -5 -11
39 189 Djibouti 0.92 -19 -38
40 190 Congo 0.86 -5 -9
41 191 Republic of the Congo 0.85 -4 -5
42 192 Burkina Faso 0.84 -4 -5
43 193 Niger 0.83    
44 195 Mauritania 0.70 -29 -60
45 196 Guinea 0.65 -13 -21
46 197 Somalia 0.60 -10 -12
(Source : cable.co.uk)

Muriel Edjo

Des ouvriers sur le site d’un projet de remblaiement financé au Sri Lanka
Des ouvriers sur le site d’un projet de remblaiement financé au Sri Lanka

La dette publique peut être un piège qui se referme sur certains pays. C’est le cas lorsqu’un pays créancier invoque les sommes qui lui sont dues comme moyen de pression pour atteindre des objectifs stratégiques.

Il est bien placé, par exemple, pour acquérir des avoirs d’une importance déterminante, comme des ports, ou accroître son influence politique. Le pays débiteur n’a souvent pas d’autre choix que de s’incliner, selon un récent rapport publié par des chercheurs d’Harvard.

« Au cours des dix dernières années, la Chine a accordé des prêts s’élevant à des centaines de milliards de dollars à des pays qui n’ont souvent pas les moyens de les rembourser », indiquent les auteurs du rapport, Sam Parker et Gabrielle Chefitz.

Le rapport montre que la Chine a réussi à exercer une influence sur des pays auxquels elle a accordé d’importants prêts. Par exemple, après avoir rencontré des difficultés à rembourser sa dette, le gouvernement sri-lankais a transféré la gestion du port de Hambantota à la Chine avec un contrat de bail de 99 ans. Djibouti, dont la dette approchait 100 % de son PIB en 2017, a récemment accepté l’installation sur son territoire de la première base navale de la Chine à l’étranger, indique le rapport. La majorité de l’aide financière des États-Unis aux pays en développement est sous forme de subventions et de prêts à faible taux d’intérêt, accordés en réponse à des situations de crise ainsi que pour la santé, la paix et la sécurité mondiale, et la bonne gouvernance.

Pour Atul Keshap, l’ambassadeur des États-Unis au Sri Lanka, le développement ne doit pas se faire au prix d’une dette accablante. Les États-Unis ont fourni des aides s’élevant à plus de 2 milliards de dollars au Sri Lanka, dit-il. « Et la totalité de ce montant a pris la forme de subventions. Il n’y a pas d’emprunts à rembourser », a-t-il déclaré dans un entretien avec le média sri-lankais Ada Derana. « C’est un don du peuple américain pour voir au Sri Lanka une démocratie vraiment forte et stable.                                                                                        Michael Buchanan

Le président des Etats-Unis, Donald Trump
Le président des Etats-Unis, Donald Trump

Dans un entretien sur la chaîne Fox News, le président américain a déclaré que l'Union européenne faisait autant «de mal» aux Etats-Unis que la Chine sur le plan commercial, évoquant un rapport inégalitaire dont pâtiraient les Américains.

«[Les Européens] ont fait l'an dernier un excédent commercial de 151 milliards de dollars [...] Et en plus de ça, nous dépensons une fortune dans l'OTAN pour les protéger», a déclaré Donald Trump lors d'un entretien diffusé sur Fox News le 1er juillet. Le président américain a comparé les pratiques commerciales de l'Union européenne à celles de la Chine, affirmant : «L'Union européenne fait probablement autant de mal que la Chine, sauf qu'elle est plus petite».

 

Prenant un air grave, il a déploré l'inamitié des pays européens envers les Etats-Unis. «C'est terrible ce qu'ils nous ont fait», a estimé le locataire de la Maison Blanche. «Nous aimons tous d'une certaine manière l'Union européenne [mais ces pays] nous traitent très mal. Ils nous traitent très injustement», a-t-il ajouté.

Le 45e président des Etats-Unis a justifié sa décision d'imposer à tous les partenaires commerciaux des Etats-Unis des tarifs douaniers sur les importations d'acier et d'aluminium : «Si nous ne l'appliquons pas à tout le monde alors ils [les pays producteurs visés] passent par les pays qui n'y sont pas soumis et vous perdez beaucoup de temps.» Interrogé sur l'opportunité de faire front avec les alliés traditionnels des Etats-Unis contre la Chine, Donald Trump a répondu par la négative. «[Les Européens] ne veulent pas nos produits agricoles. En toute honnêteté, ils ont leurs agriculteurs donc ils veulent protéger leurs agriculteurs. Mais nous ne protégeons pas les nôtres», a-t-il relevé. A propos de l'UE, il a également évoqué le marché automobile, pointant du doigt les marques allemandes qui entrent aux Etats-Unis alors que les Américains «ne [peuvent] pas y faire entrer [leurs] voitures».

 

Donald Trump s'est engagé depuis plusieurs mois dans une offensive commerciale tous azimuts, contre la Chine qu'il accuse de violer le droit de la propriété intellectuelle, mais aussi contre les Européens et les Canadiens qui ont répliqué par des mesures de représailles.

Par ailleurs, le président américain est resté ferme sur l'Iran, un autre sujet de contentieux avec l'Union européenne. Il a répété que les sociétés européennes faisant affaire avec l'Iran seraient sanctionnées : «Oui, bien sûr. C'est ce que nous faisons. Absolument.» En se retirant le 8 mai de l'accord international sur le nucléaire iranien datant de 2015, Donald Trump avait annoncé le rétablissement de sanctions américaines visant la République islamique, y compris pour les entreprises de pays tiers qui y commercent ou y investissent.

Monnaie, argent, finances
Monnaie, argent, finances

Malgré un ralentissement de la croissance de 2,1%, en 2017, les perspectives économiques dans la région Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA) devraient s’améliorer, au cours des années 2018 et 2019, la croissance dépassant l3 %, selon le Bulletin d’information économique de la région MENA intitulé « Crise des réfugiés dans la région MENA, relever le défi du développement ». Au sein de la région MENA, les exportateurs et importateurs de pétrole tireront tous profit d’une amélioration constante de la croissance mondiale, de l’augmentation des échanges avec l’Europe et l’Asie, d’une plus grande stabilité des marchés de produits de base – particulièrement du pétrole – et des réformes entreprises dans certains pays de la région.

 

 « Les perspectives à court terme de redressement économique dépendent de plusieurs facteurs, parmi lesquels les incertitudes résultant des conflits prolongés dans la région et de l’afflux de personnes déplacées de force », déclare Lili Mottaghi, économiste à la Banque mondiale et auteur principal du rapport. « Les pays de la région doivent adopter la bonne combinaison de politiques pour se développer plus rapidement, y compris des réformes visant à diversifier les économies et renforcer l’environnement des affaires dans le but de renforcer le potentiel du secteur privé ».

 

Le rapport analyse l’impact de l’instabilité grandissante dans la région sur les perspectives de croissance, les performances étant inférieures de moitié à leurs niveaux d’avant 2011, ce qui fait qu’il est difficile de s’attaquer au problème du chômage des jeunes et de répondre aux besoins du grand nombre de personnes déplacées à travers la région par suite de conflits qui se prolongent.

Selon Rabah Arezki, économiste en chef à la Banque mondiale, “avec les répercussions des conflits qui ont tendance à tirer les perspectives de croissance vers le bas, les secteurs public et privé devront faire preuve d’agilité et conjuguer leurs efforts pour inverser la trajectoire”.

 

Vers la fin 2016, on dénombrait plus de 5,4 millions de réfugiés syriens enregistrés, dont 75 % étaient concentrés au Liban et en Jordanie. Le rapport souligne l’impact de l’afflux massif des réfugiés dans les pays d’accueil, et suggère des moyens d’aider les pays dont les finances publiques et les services sont soumis à une pression croissante tout en préservant leur stabilité macroéconomique. Il évoque la nécessité de passer d’une intervention humanitaire à l’aide au développement, et de constituer des statistiques plus robustes pour le suivi de l’aide sociale apportée aux réfugiés et de l’appui de la communauté internationale.

 

« En plus de réponses à leurs besoins immédiats de subsistance et de logement, les réfugiés désirent une éducation pour développer leur capital humain et des emplois pour préserver leur dignité et se préparer à retourner à leurs pays d’origine une fois la stabilité rétablie. Il s’agit là d’une responsabilité mondiale », affirme Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA. « La communauté des bailleurs, y compris la Banque mondiale, redouble d’efforts pour réaliser cet objectif et mobiliser des financements concessionnels afin d’aider les pays d’accueil à faire face aux besoins accrus en matière de développement », ajoute-t-il.

La finance génère-t-elle de la croissance économique, ou est-ce cette dernière qui est à l’origine du développement des systèmes financiers ? La question divise, depuis longtemps, les académiciens. Certains estiment, en effet, que le rôle de la finance dans la croissance économique a été « excessivement amplifié » et que l’offre financière n’est qu’une « réponse automatique » aux besoins exprimés par les entreprises, en matière de financement. Selon eux, « là où les entreprises avancent, la finance se contente de suivre ». D'autres auteurs considèrent, en revanche, que lorsque le système financier est suffisamment sophistiqué, il contribue à une meilleure allocation des ressources et au soutien de la croissance économique. D'après eux, dans des secteurs qui se caractérisent par une forte asymétrie d’information, l’intermédiation financière peut remédier aux problèmes de la sélection adverse et de l’aléa moral et réduire les coûts des transactions entre les prêteurs et les emprunteurs.

 

C’est pour débattre de ces problématiques que Bank Al-Maghrib, l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et The Bernoulli Center for Economics de l’Université de Bâle ont organisé à Rabat la troisième édition des Journées Internationales de Macroéconomie et de Finance (JIMF), sous le thème : « La finance au service de la croissance ». La rencontre a réuni des professeurs universitaires marocains et étrangers et des représentants de Banques centrales et d’institutions nationales et internationales, en provenance d’une dizaine de pays : Australie, Angleterre, Etats-Unis, France, Grèce, Italie, Maroc, Mexique, Suisse et Tunisie.

 

Pour Abderrahim Bouazza, Directeur Général de la banque centrale marocaine, « l’expérience internationale a montré que les économies qui disposent de systèmes financiers développés présentent un avantage comparatif avéré ». Il a néanmoins reconnu que « la mondialisation et l’intégration de plus en plus importante des marchés financiers sont susceptibles d’exercer des effets profondément adverses sur la croissance et l’emploi ».

La question qui se pose est de savoir si le système financier marocain, prédominé par l’intermédiation bancaire, est en mesure de mobiliser l’épargne suffisante et d’assurer une allocation optimale des ressources. Par ailleurs, même si elle assure une certaine stabilité au système financier, la réglementation prudentielle ne constitue-t-elle pas un frein au financement des entreprises ? Enfin, l’internationalisation du secteur bancaire marocain, notamment à travers le continent africain, n’est-elle pas source de vulnérabilité pour le système financier ?

Pour sa part, Jean-Paul Pollin, professeur à l’Université d’Orléans, a dévoilé les résultats d’une étude montrant qu’à partir d’un ratio crédit/PIB variant entre 80% et 100%, la relation entre la finance et la croissance économique devient négative et peut même conduire à des crises. A noter qu’entre le milieu des années quatre-vingt et 2010, le ratio crédit/PIB est passé de 60% à 120%, à l’échelle mondiale. Durant la même période, la capitalisation boursière a augmenté de 20% à 100% du PIB, les transac

Oubliez la Russie et l’Arabie Saoudite ! D’ici à 2023, les Etats-Unis devraient produire plus de pétrole que n’importe quel autre pays de la planète. Il y a moins de huit ans, l’Amérique se trouvait loin derrière la Russie et l’Arabie Saoudite, les deux principaux fournisseurs mondiaux. Mais d’après les estimations pour 2018, les Etats-Unis devrait produire 10,6 millions de barils par jour.

« Pendant 40 ans, l’Amérique a été vulnérable face aux régimes étrangers qui se servent de l’énergie comme d’une arme économique », a déclaré Donald Trump en 2017. Et d’ajouter : « Grâce au pouvoir de l’innovation et de la technologie, nous sommes maintenant à l’aube d’une véritable révolution énergétique ».

Et cette transformation a déjà commencé. Au cours des trois prochaines années, les Etats-Unis seront en mesure de répondre à 80 % de la hausse de la demande mondiale. D’ici 2023, le pays produira plus de 17 millions de barils de pétrole et de gaz par jour, dépassant ainsi tous les autres pays du monde, prévoit Agence internationale de l’énergie (AIE)

La plus grande partie de cette augmentation de la production est liée à ce qu’on appelle « la révolution américaine du schiste », générée par l’extraction de gaz naturel et le forage de pétrole présents dans des formations rocheuses de schiste et ce, grâce à des techniques de pointe. Les nouvelles méthodes font appel au forage horizontal et à la fracturation hydraulique, appelée « fracking » en anglais.  Celle-ci est aujourd’hui à l’origine de plus de la moitié de la production américaine de pétrole brut, ce qui représente une augmentation considérable par rapport à il y a dix ans. En 2008, seulement 7 % de la production américaine provenait de cette méthode.

« La remarquable aptitude des producteurs à dégager de nouvelles ressources, de manière rentable, va pousser la production combinée de pétrole et de gaz des Etats-Unis de 2040 à un niveau moitié plus élevé que celui jamais atteint par d’autres pays », a notamment expliqué Fatih Birol, directeur de l’AIE, lors d’une audition au Sénat en janvier. Selon lui, « c’est un exploit impressionnant qu’il faut absolument souligner. Cela fait des États-Unis le producteur incontesté de pétrole et de gaz dans le monde pendant plusieurs décennies à venir ».

Les exportations sont en augmentation

Grâce à la forte hausse de la production, les exportations américaines de pétrole brut et d’autres hydrocarbures ont doublé ces huit dernières années. Une augmentation qui s’explique aussi en partie par la levée des restrictions sur l’exportation de pétrole brut domestique, à la fin de 2015, et par la baisse des coûts d’expédition. Aujourd’hui, le Canada est le principal client du pétrole brut des États-Unis qui envoient à leur voisin du nord 58 % de leurs exportations. Les Américains vendent également du pétrole aux Pays-Bas, à la Chine, à l’Italie et au Royaume-Uni, entre autres.

Maeve Allsup